Humeurs en vrac d'une chroniqueuseSaint-Adalbert, Saint-Marcel, Saint-Omer, Saint-Pamphile, Sainte-Félicité, Sainte-Perpétue, Tourville

Humeurs en vrac d’une chroniqueuse

Par Journal l'Écho d'en Haut le .

Pas de congé pour Mickey

 Cette année, Pistoc et sa gang ont pris congé, mais pas tout ce qui est relatif au bois, surtout pas la corvée de bois de chauffage qui revient invariablement tous les ans.  Chaque année à la même période, je commence à stresser, à retenir mon souffle et à tendre l’oreille dans l’attente non désirée du « clac » de la trappe.  Il est rare qu’on ait sauté une année de vermine depuis que nous sommes propriétaires fonciers, encore aujourd’hui, mais surtout dans mon ancienne maison.   On rentrait des bûches par dizaines de cordes et parfois, une souris ou pire, une famille de souris s’invitait dans la corvée.  Bien sûr, on ne s’en rendait compte que quelques jours, voire quelques semaines plus tard. 

Une souris, ça s’installe bien comme il faut, ça se fait discrète au début et ça finit par laisser la trace de son passage dans quelconque recoin de la cuisine qui, disons-le, est un buffet à volonté pour tout petit être pouvant se faufiler dans une mini fente de rien du tout.  La première fois que j’ai eu connaissance de la visite de la petite chose grise, j’étais seule à la maison, l’homme étant parti travailler.  Par contre, contrairement à la chanson, je n’étais pas seule à m’ennuyer, elle était là et je semblais me trouver dans la trajectoire reliant son nid et son garde-manger, puisqu’elle passait dans mon champ de vision lors de chaque aller-retour. 

Paniquée, j’ai commencé par appeler mon papa à la rescousse.  Il m’a vite dit d’aller me coucher, que les petites souris ne mangeaient pas les grosses et qu’il était hors de question qu’il sorte de son lit pour venir installer des trappes. 

J’ai donc appelé l’homme à l’usine qui m’a sensiblement servi la même réponse tout en m’invitant à armer moi-même des trappes et à les installer autour de l’endroit où j’avais vu la petite gourmande. C’était bien mal me connaître, de un, je n’avais AUCUNE idée de comment armer une trappe à souris, et deuxièmement, je ferais quoi, moi, toute seule, si la petite chose velue faisait claquer la trappe?

J’ai donc décidé de monter la garde jusqu’à ce que l’homme brave et fort, revienne du travail et fasse sa « job » d’homme protecteur en posant des trappes aux endroits stratégiques de la maison.  J’ai amassé tout ce que j’ai pu de couvertures et je les ai massées au seuil de la porte de cave, puis j’ai déposé une pile de livres de cuisine tous plus lourds les uns que les autres sur la pile de couvertures. J’ai attendu et me suis endormie bien malgré moi.  Le lendemain, la maison était un champ de mine pour souris.  Puis, ce soir-là, alors que je regardais la télé bien tranquille, un bruit sec m’a fait sursauter.  Un bruit sec suivi de plein de petits bruits étranges.  La chose maudite s’était laissée tenter par la forte odeur du beurre d’arachide, mais n’a pas été assez vite pour se sauver avant que la clapette ne lui coince la patte au niveau de la hanche. 

J’étais maintenant devant un problème plus grand que celui de la veille au soir. J’avais une petite souris qui courait partout dans la maison sur trois pattes et une trappe.  Elle ne semblait pas tellement incommodée par son attelage et à vue d’œil, elle n’allait pas décéder de sitôt. 

J’ai donc rappelé mon père, puis mon conjoint qui se sont bien moqués de moi tous les deux.  Je devais attenter à la vie de Mickey Mouse, si je souhaitais que le concert de claquette s’arrête.

J’ai maudit tous les saints du ciel et, armée d’un balai, je suis partie à sa poursuite.  J’étais incapable de la tuer de sang froid, mais j’étais tout aussi incapable de la laisser claquer de la patte toute la nuit.  Finalement, j’ai choisi de la balayer dans une boite de carton et de la remettre en semi-liberté dehors, me disant que le chat des voisins finirait bien par la trouver et s’en ferait un petit encas. 

Je ne sais pas ce qui est advenu de cette souris, ni de sa béquille de bois, mais je ne les ai plus revues ensuite.  Je sais, par contre, qu’aujourd’hui, des années plus tard, je ne suis toujours pas capable d’armer une trappe, ni même de libérer les petites poilues qui s’en approchent trop.  J’appelle donc papa ou mon fils qui continuent de rire de moi et de ma phobie des rongeurs. 

Je vais de ce pas les relancer pour qu’ils viennent installer les claquettes en vue de la corvée de bois 2020, je doute qu’elles fassent comme Pistoc et me privent de leur visite annuelle. 


N.D.L.R. : Cette chronique « Humeurs en vrac d’une chroniqueuse », sera publiée mensuellement dans votre journal. Nous avons eu l’idée de lancer cette chronique qui se veut un moment de lecture amusant, de réflexions et d’échanges sur différents sujets mélangés d’émotions de la vie quotidienne.

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Un commentaire

Sylvie dit :

C’est très drôle et ça me ressemble tellement ! J’ai bien ri ! Merci !

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