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Humeurs en vrac d’une chroniqueuse

Par Journal l'Écho d'en Haut le .

Le malheur des uns fait mon bonheur

J’aime l’hiver. Je l’attends toujours avec impatience. Non pas que je n’aime pas les autres saisons, mais j’affectionne particulièrement l’hiver. J’aime la clarté de l’hiver, l’odeur de l’hiver, les sons sourds de l’hiver, même le bruit du vent les soirs de tempête. J’aime la douceur des flocons quand il tombe une neige agglutinée, le bruit des pas qui crissent sur la neige quand le mercure baisse sous les 25º. J’aime pelleter la neige folle qui ressemble à du duvet de canard tellement elle est légère. J’aime aussi celle qui donne chaud à force d’efforts, la neige qui se découpe en bloc tellement elle a été compactée par les grands vents. J’aime l’hiver et les souvenirs qui remontent quand j’y pense.

Du plus loin que je me souvienne, j’étais une fille active l’hiver. Par active, je ne veux pas dire sportive. Je ne le suis toujours pas d’ailleurs. Je me qualifierais de profiteuse de l’hiver. Y’a pas de médailles pour cette discipline.

Enfant, toute jeune, ma mère nous réveillait, ma sœur et moi, pour nous faire apprécier la beauté du paysage qui se transformait alors que les premiers flocons recouvraient le sol et se collaient aux arbres dénudés de feuilles. Puis, après quelques bordées, nous pouvions passer des journées entières à glisser dans la cour sur la butte que la déneigeuse avait formée en regroupant la neige de tout le stationnement. Mon père nous faisait des escaliers à la pelle pour faciliter notre ascension de ce qui nous semblait la plus haute montagne de neige de la ville. Des journées, à s’user le fond de culotte sur la neige glacée à force de descendre souvent. Une autre de nos activités favorites était de sauter en bas du patio dans l’accumulation de neige qui nous aurait à coup sûr cassé une jambe si on l’avait fait l’été. Je me rappelle même de quelques fois où j’étais descendue si creux que ma botte y était restée prise en voulant me hisser hors du trou. Encore une fois, papa avait été mis à contribution pour retrouver ma botte au fond du trou. En rentrant, je me préparais un jello chaud. C’était avant que je ne développe mon goût pour la tisane.

Puis, j’ai vieilli, j’aimais encore l’hiver. J’allais à l’école en motoneige. Un Futura 440 qui pesait une tonne. Nous étions peu d’étudiants à sentir le gaz en classe mais je me trouvais tellement chanceuse de pouvoir faire comme certains de mes amis plus vieux. Parfois, mon bolide s’enlisait, j’étais beaucoup trop frêle pour m’en sortir seule. Heureusement, y’avait toujours une bonne âme pour m’aider.
Dans les mêmes années nous avons découvert la « Côte des Sauvages ». Qui ne connaît pas la Côte des Sauvages? Que ce soit en traîneau, en trois-skis, en chambre à air, tout était bon pour les téméraires avides de vitesse et de sensations fortes. Fallait être un peu fou pour aller mettre nos vies en danger, le jour et surtout les soirs de pleine lune, avec un immense feu de joie tout en bas de la pente, à deux pas du pont. Jeunes et vieux se relayaient tour à tour pour redescendre en voiture chercher le convoi de ‘’glisseux’’ et leurs attirails. Certains prenaient un petit coup autour du feu en attendant leur repas qui cuisait doucement sur la braise alors que les autres multipliaient les descentes et les cascades. Qu’on eut été en bas ou en haut de la piste on pouvait entendre des cris et des rires à gorge déployée.

Je suppose qu’encore aujourd’hui la côte compte encore beaucoup d’adeptes mais je n’en fais plus partie. Mon corps ne s’en remettrait pas, le pauvre. Non, aujourd’hui, je profite de l’hiver autrement. Simplement en sortant respirer l’air frais, en pelletant aussi souvent que je le peux. Parfois, le soir, quand il fait doux et qu’une fine neige floconne tout doucement, je m’habille chaudement, je descends l’escalier et je m’allonge dans la neige pour y laisser la trace d’un ange. Comme quand j’étais petite. Puis, je rentre dans le confort douillet de ma demeure et je me réchauffe avec un bon bouillon maison. Y’a rien de plus réconfortant après une journée passée à l’extérieur qu’un bon bouillon maison légèrement épicé.

N.D.L.R. : Cette chronique « Humeurs en vrac d’une chroniqueuse », sera publiée mensuellement dans votre journal. Nous avons eu l’idée de lancer cette chronique qui se veut un moment de lecture amusant, de réflexions et d’échanges sur différents sujets mélangés d’émotions de la vie quotidienne.
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