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Humeurs en vrac d’une chroniqueuse

Par Journal l'Écho d'en Haut le dans Chronique.

Souvenirs sucrés !

Nous sommes le 7 avril, il neige à plein ciel et je suis heureuse.  J’ai à mes côtés un café chaud et un bon livre qui m’attend mais ce dont j’aurais envie c’est d’aller manger en famille dans une cabane à sucre.  Comme dans le temps.  C’était donc le bon temps dans ce temps-là.  L’occasion entre Noël et le party homard du chalet de revoir les cousins et les cousines de la ville qui débarquaient les deux pieds dans la gadoue avec leurs habits du dimanche.  Le bon vieux temps ou les cabanes à sucre n’étaient pas des usines à sucre.

Je n’ai rien contre les usines à sucre, bien au contraire.  Elles font rayonner notre richesse jaune or à la grandeur de la planète.   Je m’ennuie simplement de ces vieilles cabanes à sucre ou l’on mangeait bon, gras et sucré.  C’était la fête dans chacune d’elles.

Peu importe dans quel rang à numéro on allait, c’était toujours la même chose.  Un chalet vétuste mais chaleureux aux planchers un peu croches, des tables en bois ‘’rough’’ peintes à la main avec des nappes à carreaux sur lesquelles trônait de la vaisselle souvent dépareillée, de bonnes marinades, du bon pain de ménage, des assiettes de grillades de lard salé et du sirop d’érable pour étendre sur tout ce que la cuisinière allait nous apporter.

Dans l’air flottait une espèce de brume odorante qui nous collait aux cheveux.  Celle des grillades et des crêpes soufflées. Y’avait le chiard blanc, les saucisses, le jambon et les fèves au lard qui accompagnaient tout ça.

Généralement, y’avait un grand oncle, la moustache collante de tire d’érable qui chantait des chansons à répondre, son flasque à la main pour mettre de l’ambiance dans cette fête printanière et du gin dans son verre de réduit. Dans un autre coin ça jouait au Charlemagne en attendant le repas. Les enfants couraient partout et le plancher était glissant de neige boueuse.  Tout le monde allait à cette époque boire à même la chaudière en métal accrochée aux arbres à proximité de la cabane pour tester le goût de l’eau d’érable.

Malheureusement, il est révolu ce temps-là.  Maintenant, les vieilles cabanes ne reçoivent plus de grosses familles bruyantes et grouillantes d’enfants.  Les gens qui tenaient le fort ont vieilli et n’ont pas été remplacés par leurs enfants.  Les familles de plus en plus petites ne permettent pas ces nombreuses heures passées dans la cuisine.  Il faut être nombreux dans la forêt pour produire le sirop qu’on étendra sur nos crêpes à la maison.  Même si ce bon vieux temps me manque, je les comprends d’avoir mis fin à leur plaisir de nous faire plaisir le printemps venu.  Les cabanes qui servent encore des repas ont maintenant des salles de réceptions toutes propres, des planchers droits, de la vaisselle assortie, des stationnements en asphalte pour les souliers vernis des gens de la ville et des permis sur les murs.

La tire d’érable y est encore aussi bonne mais jamais aussi bonne que dans mes souvenirs du bon vieux temps.
Je souhaite une bonne Fête de Mères à toutes les mamans et je vous donne un bec sucré.

N.D.L.R. : Une nouvelle chronique « Humeurs en vrac d’une chroniqueuse », sera publiée mensuellement dans votre journal. Nous avons eu l’idée de lancer cette chronique qui se veut un moment de lecture amusant, de réflexions et d’échanges sur différents sujets mélangés d’émotions de la vie quotidienne.

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Au plaisir de vous lire !

2 commentaires

Diane Bérubé dit :

Mes souvenirs me viennent avec le sourire quand je pense à ce temps-là. C’était vraiment plaisant ! Notre rendez-vous du printemps se tenait chez oncle Roger et tante Claudette ! Merci à vous pour ces beaux moments !

Johannie Bérubé dit :

Super chronique !! Et belle plume 🙂 bien hâte de lire la prochaine !!

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